- Temps de préparation 15 min
- Cuisson 1 h 5 min
- Temps total 1 h 20 min
- Portions 6 personnes
- Difficulté Moyenne
Ingrédients
- 150 g de farine de seigle (pour le zakwas, à préparer 4 à 5 jours avant)
- 50 cl d'eau tiède (pour le zakwas)
- 6 gousses d'ail, dont 2 écrasées pour le zakwas
- 2 feuilles de laurier, dont 1 pour le zakwas
- 130 cl d'eau (pour la soupe)
- 4 saucisses blanches polonaises (biała kiełbasa) ou saucisses de Toulouse
- 150 g de lardons
- 500 g de pommes de terre, en cubes
- 2 oignons, hachés
- 6 g de marjolaine séchée
- 6 œufs durs, cuits la veille
- 150 g de crème fraîche
- 15 g de raifort râpé
- 8 g de sel
- 3 g de poivre
Préparation
- Préparer le zakwas (4 à 5 jours avant). Mélangez la farine de seigle et 50 cl d'eau tiède dans un bocal propre. Ajoutez 2 gousses d'ail écrasées et une feuille de laurier, couvrez d'un linge sans visser de couvercle, gardez à 20-25 °C et remuez une fois par jour pendant 4 à 5 jours.
- Faire revenir les lardons. Faites revenir les lardons à sec dans une grande casserole, ajoutez les oignons hachés et le reste de l'ail, puis laissez blondir 8 à 10 minutes.
- Cuire les saucisses. Ajoutez 130 cl d'eau et le laurier restant, puis cuisez les saucisses entières à frémissement, vers 92 °C, pendant 25 minutes.
- Ajouter les pommes de terre. Ajoutez les pommes de terre en cubes et cuisez-les 20 minutes à environ 95 °C.
- Verser le zakwas. Sortez les saucisses, coupez-les en rondelles et remettez-les. Secouez le zakwas, filtrez-le, versez-le en remuant, puis cuisez 10 minutes vers 90 °C sans bouillir.
- Finir hors du feu. Hors du feu, incorporez la crème, le raifort râpé, le sel, le poivre et la marjolaine écrasée entre les doigts.
- Dresser. Servez la soupe bien chaude avec un demi-œuf dur ou un œuf entier par assiette.
Le żurek est la soupe aigre de la cuisine polonaise : un bouillon épais, légèrement acide, parfumé à l’ail et à la marjolaine, garni de saucisse blanche et d’œuf dur. Son goût vient d’un levain liquide de farine de seigle, le zakwas (ou żur), que l’on fait fermenter 4 à 5 jours avant de monter la soupe. Cette recette pour 6 personnes détaille le levain maison, puis la soupe, qui demande un peu plus d’une heure.
L’attente est longue, mais le travail réel est court : un quart d’heure de préparation en tout, le reste du temps appartient à la fermentation et au feu doux.
Qu’est-ce que le żurek ?
Le żurek est présenté comme la soupe de Pâques en Pologne. Traditionnellement, il se sert dans un pain rond creusé, qui fait office de bol. La version décrite par un magazine de Varsovie est la version mazovienne, que distingue l’ajout de raifort ; la soupe existe en de nombreuses variantes selon les goûts et les régions. Pour le contexte des fêtes, l’article sur les traditions de Pâques en Pologne montre quelle place tient ce plat sur la table pascale.
Il faut distinguer le żurek de sa cousine de Cracovie, le biały barszcz, qui se prépare avec un levain de blé plutôt que de seigle. Les deux soupes partagent l’idée de l’acidité par fermentation, mais n’ont pas le même goût : le seigle donne une note plus rustique, plus proche du pain complet.
Le principe est simple. On fait fermenter de la farine de seigle dans l’eau avec de l’ail et du laurier ; le liquide devient trouble, acide, légèrement pétillant. Puis on le verse dans un bouillon qui a cuit des saucisses, des pommes de terre, des lardons et des oignons. La marjolaine, l’ail et le raifort donnent le caractère. L’œuf dur apporte le moelleux.
Les ingrédients, pour 6 personnes
La recette se prépare en deux étapes. Voici d’abord ce qu’il faut pour le zakwas :
- 150 g de farine de seigle ;
- 50 cl d’eau tiède ;
- 2 gousses d’ail écrasées ;
- 1 feuille de laurier.
Et pour la soupe :
- 130 cl d’eau (le reste des 180 cl au total, une fois retirés les 50 cl du zakwas) ;
- 4 saucisses blanches polonaises, la biała kiełbasa ;
- 150 g de lardons ;
- 500 g de pommes de terre ;
- 2 oignons et les 4 gousses d’ail restantes ;
- 1 feuille de laurier, 6 g de marjolaine, 15 g de raifort râpé ;
- 150 g de crème fraîche ;
- 6 œufs durs ;
- 8 g de sel et 3 g de poivre.
| Étape | Durée | Température indicative |
|---|---|---|
| Fermentation du zakwas | 4 à 5 jours | 20 à 25 °C |
| Lardons et oignons | 8 à 10 minutes | feu moyen |
| Cuisson des saucisses | 25 minutes | frémissement, environ 92 °C |
| Pommes de terre | 20 minutes | environ 95 °C |
| Cuisson avec le zakwas | 10 minutes | environ 90 °C, sans bouillir |
Le zakwas : un levain de seigle maison
Le zakwas est l’âme de la soupe, et c’est lui qui demande de l’anticipation. Prenez un bocal propre, versez-y 150 g de farine de seigle et 50 cl d’eau tiède, puis mélangez. Ajoutez 2 gousses d’ail écrasées et une feuille de laurier. Couvrez le bocal d’un linge, sans visser de couvercle : la fermentation produit du gaz, un bocal fermé hermétiquement serait sous pression. Gardez-le entre 20 et 25 °C et remuez une fois par jour.
Le temps change le goût. Une recette de Varsovie annonce 48 à 72 heures de fermentation, pour un levain doux ; la recette de référence que nous suivons ici compte 4 à 5 jours, pour une acidité franche. Goûtez à partir du troisième jour : vous saurez quand arrêter.
Le zakwas est prêt quand il est blanchâtre, trouble, qu’il sent le pain et la pomme acide, et qu’il pique au goût. Les repères d’alerte sont tout aussi nets : une odeur d’acétone ou de moisi, ou un duvet coloré à la surface, imposent de tout jeter et de recommencer avec un bocal ébouillanté. Il n’y a pas de rattrapage possible, mieux vaut perdre 150 g de farine qu’une soupe, ou pire.
Le dépôt qui se forme au fond du bocal est de l’amidon, et c’est lui qui donne sa texture à la soupe. C’est pourquoi on secoue le zakwas avant de le verser.
Préparer la base de la soupe
Pour la soupe, utilisez une grande casserole à fond épais. Faites revenir les lardons à sec, sans matière grasse ajoutée : ils rendent assez de gras. Ajoutez les oignons hachés et le reste de l’ail, et laissez blondir 8 à 10 minutes.
Versez ensuite les 130 cl d’eau et glissez la feuille de laurier. Ajoutez les saucisses entières et laissez-les cuire à frémissement, vers 92 °C, pendant 25 minutes. L’eau ne doit pas bouillir franchement : la saucisse blanche est crue et se cuit doucement.
Ajoutez alors les pommes de terre en cubes et cuisez-les 20 minutes à environ 95 °C. Les pommes de terre épaississent légèrement le bouillon et donnent à la soupe son côté nourrissant.

Ajouter le zakwas sans faire tourner la soupe
C’est l’étape qui demande de l’attention. Sortez les saucisses, coupez-les en rondelles et remettez-les dans la casserole. Secouez le bocal de zakwas, filtrez-le, puis versez-le en remuant. Si vous avez peur d’une acidité trop marquée, ajoutez-le progressivement en goûtant : le levain est plus ou moins vif selon sa durée de fermentation.
Cuisez ensuite 10 minutes vers 90 °C, sans faire bouillir. L’ébullition après l’ajout du zakwas ou de la crème est la cause numéro un des soupes qui tranchent : la crème se sépare et la soupe prend un aspect granuleux.
Retirez la casserole du feu. Incorporez la crème fraîche, le raifort râpé, le sel, le poivre et la marjolaine, écrasée entre les doigts pour libérer ses arômes. Remuez doucement, goûtez et ajustez : le żurek doit être acidulé, parfumé, relevé par le raifort, avec la rondeur de la crème.
Les œufs durs et le service
Cuisez les œufs durs la veille : 9 à 10 minutes dans l’eau bouillante, puis refroidissement sous l’eau froide, et écalage. Vous gagnerez du temps le jour même. Servez un demi-œuf ou un œuf entier par assiette, avec les rondelles de saucisse et une pincée de marjolaine.
Pour une présentation traditionnelle, creusez un petit pain rond au levain : retirez une partie de la mie, réchauffez-le quelques minutes au four, puis versez-y la soupe chaude. Le pain absorbe peu à peu le bouillon et se mange en fin de repas. Si vous préférez des bols classiques, un morceau de pain de seigle à côté fait aussi bien l’affaire.
La saucisse est un point de réglage important. La biała kiełbasa polonaise est crue et non fumée ; une saucisse de Toulouse la remplace bien. Évitez les saucisses fumées, qui prennent le dessus et changent le caractère de la soupe. Pour distinguer les différentes saucisses polonaises et savoir où les trouver, le guide de la kiełbasa et de la charcuterie polonaise est utile.
Erreurs fréquentes
Fermer le bocal hermétiquement. Le zakwas dégage du gaz : un linge suffit. Un couvercle vissé est une mauvaise idée.
Ignorer les signes d’un levain raté. Odeur d’acétone, moisi, duvet coloré : le levain est jeté, sans discussion.
Faire bouillir après le zakwas. La soupe tranche et prend un aspect grumeleux. Restez vers 90 °C.
Oublier de secouer le zakwas. Le dépôt est de l’amidon qui donne le corps de la soupe. Secouez, puis filtrez.
Verser tout le levain d’un coup. L’acidité varie selon la durée de fermentation : ajoutez-le en goûtant, jusqu’à l’équilibre voulu.
Employer une saucisse fumée. Elle écrase le goût du levain. Préférez une saucisse blanche crue.
Préparer à l’avance et conserver
Le żurek se prête bien à l’organisation, à condition de séparer les éléments. Le zakwas se prépare plusieurs jours avant ; les œufs, la veille. Le jour même, il ne reste que la soupe, qui prend un peu plus d’une heure.
Pour la conservation, voici les repères à retenir :
- La soupe terminée se garde 3 jours au réfrigérateur, dans une boîte hermétique. Laissez-la refroidir rapidement et ne la laissez pas des heures à température ambiante.
- Le zakwas se garde 2 à 3 semaines au froid et gagne en acidité avec le temps. Si vous en préparez à l’avance, vous pouvez le garder à part et l’ajouter au dernier moment.
- La congélation n’est pas recommandée : la soupe ne se congèle pas bien.
- Au réchauffage, restez à feu doux, sans ébullition, et goûtez : l’acidité peut avoir évolué.
Une astuce pour les jours pressés : le zakwas en bouteille, vendu dans les épiceries polonaises, permet de réaliser la soupe en environ 40 minutes.

Organiser son calendrier de préparation
Le plus grand piège du żurek n’est pas technique, il est logistique : le levain demande des jours, la soupe quelques heures. Voici un calendrier simple pour arriver au repas sans stress.
- Cinq jours avant : préparez le zakwas dans son bocal propre, couvert d’un linge, et placez-le à 20-25 °C. Notez la date sur un ruban de masquage.
- Chaque jour : remuez une fois, sentez, observez. Un levain sain devient peu à peu trouble et acide ; un signe de moisissure colorée ou une odeur d’acétone signifie qu’il faut jeter.
- La veille : faites cuire les œufs durs, écalez-les et gardez-les au frais. Épluchez ail et oignons, coupez les pommes de terre si vous le souhaitez et conservez-les dans l’eau froide.
- Le jour même : comptez environ 15 minutes de préparation et 1 h 5 de cuisson, soit 1 h 20 au total pour la soupe, hors fermentation.
Ce découpage a un avantage : il répartit l’effort. Rien n’est difficile, mais tout doit être prêt au bon moment, et le levain ne se presse pas.
Pourquoi cette soupe aigre plaît
L’acidité du żurek surprend ceux qui n’y sont pas habitués. Elle ne ressemble ni à celle d’un citron ni à celle d’un vinaigre : c’est une acidité lactique, ronde, proche de celle d’un pain au levain, que la crème adoucit et que le raifort relève. Le gras des lardons et de la saucisse, la douceur des pommes de terre, l’œuf dur et le pain forment un contrepoint. C’est ce jeu d’équilibre qui fait la soupe, bien plus que l’une ou l’autre de ses garnitures.
Si le résultat vous paraît trop acide, ajoutez un peu de crème hors du feu ou une cuillère de bouillon chaud. S’il est trop doux, versez un peu de zakwas supplémentaire en dernier, en le laissant chauffer quelques minutes sans bouillir. Goûtez à chaque étape : c’est la seule méthode fiable, puisque chaque levain est différent.
Variantes et adaptations
La recette reste modulable. La version de Varsovie cuit la saucisse dans un bouillon de légumes (céleri, carottes, poireau, oignon, persil et laurier), qu’elle filtre avant d’ajouter le zakwas, puis ajoute des champignons en lamelles, et se contente de 100 ml de crème et de 20 g de raifort. La version décrite ici ajoute des pommes de terre, ce qui rend la soupe plus consistante, presque un plat unique.
Pour un repas complet, ajoutez simplement du pain. Pour un service de fête, le pain évidé est la présentation qui se remarque, et celle qu’on retrouve sur la table pascale. Les amateurs de plats polonais peuvent compléter la découverte avec les 25 plats traditionnels de la cuisine polonaise, qui replacent le żurek parmi les autres soupes et plats de référence.
Questions pratiques
Quelle farine de seigle choisir ? Une farine de seigle. Mesurez-la au poids et gardez le rapport de 150 g de farine pour 50 cl d’eau.
Le raifort est-il indispensable ? Il donne la touche piquante de la version mazovienne. Vous pouvez en mettre moins si vous n’aimez pas le piquant, en l’ajoutant en fin de cuisson pour qu’il garde son relief.
Faut-il filtrer le zakwas ? Oui : on le secoue d’abord pour remettre l’amidon en suspension, puis on le filtre pour retirer l’ail, le laurier et les gros morceaux.
Peut-on le préparer sans lardons ? Oui, à condition d’ajouter un peu de matière grasse pour faire revenir les oignons. Le plat sera simplement moins fumé et moins gras.
Le żurek est une soupe qui demande de la patience et de l’attention, mais qui ne réclame aucun savoir-faire compliqué. Lancez le zakwas en début de semaine, mettez les œufs à cuire la veille, et vous aurez, le jour venu, une soupe aigre-douce, parfumée et généreuse, dont la préparation tient en une heure.
