- Temps de préparation 45 min
- Cuisson 30 min
- Temps total 4 h
- Portions 20 pączki
- Difficulté Moyenne
Ingrédients
- 500 g de farine de blé
- 50 g de levure fraîche (ou 14 g de levure sèche)
- 3 jaunes d'œufs et 1 œuf entier
- 250 ml de lait entier tiède
- 50 g de sucre en poudre
- 25 ml de vodka ou de rhum
- Le jus et le zeste d'un demi-citron
- 1 gousse de vanille (ou 3 cuillères à café d'extrait de vanille)
- 1 pincée de sel
- 50 g de beurre fondu et refroidi
- 200 g de confiture de pétales de rose (ou de pruneaux, ou une autre confiture épaisse)
- 1 kg de saindoux ou d'huile neutre pour la friture
- Glaçage : 125 g de sucre glace
- Glaçage : 2 cuillères à soupe d'eau chaude
- Glaçage : 2 cuillères à café de jus de citron
- Facultatif : écorces d'orange confites
Préparation
- Préparer le levain. Sortez les ingrédients du réfrigérateur 30 minutes avant. Mélangez la levure fraîche avec 1 cuillère à soupe de sucre, 1 tasse de farine (environ 125 g) et 125 ml de lait tiède. Laissez reposer 1 heure dans un endroit tiède, jusqu'à ce que le mélange gonfle.
- Pétrir la pâte. Ajoutez les œufs, le reste du sucre, de la farine et du lait, le citron, l'alcool, la vanille et le sel. Pétrissez 8 à 10 minutes, jusqu'à une pâte brillante qui ne colle plus. Ajoutez le beurre fondu refroidi et pétrissez encore 8 à 10 minutes.
- Première levée. Couvrez et laissez lever 1 heure dans un endroit tiède, jusqu'à ce que la pâte ait doublé de volume.
- Façonner et garnir. Huilez-vous les mains. Formez des disques d'environ 40 g, déposez une demi-cuillère à café de confiture au centre, refermez en boule et soudez bien. Posez les boules, soudure dessous, sur un plan fariné, bien espacées.
- Seconde levée. Couvrez et laissez lever 30 à 45 minutes, jusqu'à ce que les pâtons soient gonflés.
- Frire. Chauffez le gras à 180 °C. Faites frire quelques pączki à la fois, à feu moyen, 1 min 30 à 2 minutes par face, jusqu'à ce qu'ils soient dorés avec un anneau clair au milieu. Égouttez sur du papier absorbant.
- Glacer. Mélangez le sucre glace avec l'eau chaude et le jus de citron jusqu'à un glaçage lisse. Nappez les pączki tièdes, parsemez d'écorces d'orange confites si vous le souhaitez, et laissez prendre.
Les pączki sont les beignets du jeudi gras en Pologne : des boules de pâte levée riche, fourrées de confiture, frites jusqu’à l’or puis glacées. Cette recette en donne 20 et demande environ 4 heures en tout, dont 30 minutes de friture. En 2027, vous les mangerez le jeudi 4 février, jour du Tłusty Czwartek.
Ce n’est pas un beignet de fête foraine : la pâte est riche en œufs et en beurre, parfumée au citron et à la vanille, et la garniture traditionnelle est une confiture de pétales de rose. Le geste le plus délicat est la friture, car il faut maintenir l’huile à la bonne température. Tout le reste est affaire de patience.
Le Tłusty Czwartek : pourquoi on mange des pączki ce jour-là
Tłusty Czwartek signifie « jeudi gras ». C’est le dernier jeudi avant le Carême, celui qui précède le mercredi des Cendres. Ce jour-là, les Polonais mangent des pączki en quantité, car il fallait autrefois finir le beurre, le saindoux, les œufs et le sucre avant les semaines de jeûne. D’autres douceurs frites accompagnent la fête : les chruściki et les faworki (rubans de pâte frits), les oponki ou les rozetki.
Une croyance populaire veut qu’en manger peu le jeudi gras annonce une grange vide et des souris dans les champs : l’invitation à se resservir est donc à prendre au sérieux. Une vieille coutume voulait aussi qu’une amande soit cachée dans quelques pączki : celui qui la trouvait aurait de la chance et de la prospérité pour l’année. Pour replacer cette fête dans le calendrier polonais des traditions, notre entretien sur les fêtes nationales et le folklore en Pologne offre un panorama utile.
Quelle date en 2027 ? Le calcul
Le jeudi gras n’a pas de date fixe, car il dépend de Pâques. La méthode est mécanique : on part de la date de Pâques, on retranche 46 jours pour trouver le mercredi des Cendres, puis on recule de 6 jours pour tomber sur le jeudi précédent.
| Année | Pâques | Mercredi des Cendres | Tłusty Czwartek |
|---|---|---|---|
| 2026 | dimanche 5 avril | mercredi 18 février | jeudi 12 février |
| 2027 | dimanche 28 mars | mercredi 10 février | jeudi 4 février |
En 2027, vous avez donc rendez-vous le jeudi 4 février. Prévoyez la pâte pour la matinée si vous voulez servir les pączki tièdes à midi, ou la veille si vous préférez gérer la journée plus tranquillement : voir plus bas la partie sur l’avance de préparation.
Les ingrédients : une pâte riche, pas un beignet ordinaire
Les quantités ci-dessous donnent 20 pączki de 40 g de pâte chacun. La richesse de la pâte explique leur texture : de la farine, du lait entier tiède, des jaunes d’œufs et un œuf entier, du beurre fondu refroidi, un peu de sucre, du citron et de la vanille. Une petite dose d’alcool, 25 ml de vodka ou de rhum, entre aussi dans de nombreuses recettes.
- La farine : 500 g de farine de blé, qui donne du corps à la pâte.
- La levure : 50 g de levure fraîche, ou 14 g de levure sèche (un sachet).
- Les œufs : 3 jaunes et 1 œuf entier, pour le moelleux et la couleur.
- Le lait : 250 ml de lait entier tiède.
- Les saveurs : 50 g de sucre, le jus et le zeste d’un demi-citron, une gousse de vanille, une pincée de sel.
- Le gras : 50 g de beurre fondu refroidi, ajouté en second.
- La garniture : 200 g de confiture de pétales de rose, de pruneaux ou d’une autre confiture épaisse.
- La friture : 1 kg de saindoux ou d’huile neutre.
La confiture de pétales de rose est la garniture la plus populaire en Pologne. Le saindoux est le gras de friture de nombreuses recettes, mais une huile neutre convient très bien si vous préférez un goût plus léger.
Le levain, puis le pétrissage
Sortez les ingrédients du réfrigérateur 30 minutes avant de commencer : une pâte à levure aime la température ambiante. Préparez d’abord un levain en mélangeant la levure fraîche avec 1 cuillère à soupe de sucre, environ 125 g de farine et 125 ml de lait tiède. Couvrez et laissez 1 heure dans un endroit tiède. Le mélange doit gonfler et devenir mousseux : c’est la preuve que la levure est vivante.
Ajoutez alors les œufs, le reste du sucre, de la farine et du lait, puis le jus et le zeste de citron, la vanille, l’alcool et le sel. Pétrissez 8 à 10 minutes, à la main ou au robot, jusqu’à obtenir une pâte brillante qui ne colle plus. Incorporez ensuite le beurre fondu refroidi, qui doit être tiède et non brûlant, et pétrissez encore 8 à 10 minutes. La pâte est prête quand elle est souple, élastique et lisse.
Couvrez et laissez lever 1 heure dans un endroit tiède, jusqu’à ce qu’elle ait doublé de volume. Avec de la levure sèche, comptez plutôt 1 à 2 heures pour la première levée.
Façonner et garnir les pączki
Huilez-vous les mains avant de travailler la pâte : elle est riche et un peu collante. Prélevez des morceaux d’environ 40 g, aplatissez-les en disques, déposez une demi-cuillère à café de confiture au centre et refermez en boule en soudant soigneusement les bords. Une confiture qui s’échappe pendant la friture fait éclater le beignet et salit le gras.

Posez les boules, soudure dessous, sur un plan fariné, en les espaçant. Couvrez-les et laissez-les lever 30 à 45 minutes. Elles doivent être gonflées, mais pas affaissées : un pâton qui retombe à la moindre touche a trop levé et absorbera davantage de gras.
Une autre méthode consiste à fourrer après la friture, à la seringue ou à la poche munie d’une douille longue. Elle donne beaucoup plus de garniture et évite que la pâte soit alourdie ou que la confiture coule dans le gras. Dans ce cas, façonnez des boules pleines et fourrez-les tièdes, juste après la friture.
Les fourrages possibles
La confiture de rose n’est pas la seule tradition. On trouve aussi :
- les powidła, la confiture de prunes ;
- les pruneaux en purée ou en confiture ferme ;
- la crème pâtissière ;
- d’autres confitures épaisses, à la cerise ou à la fraise, qui ne doivent pas être liquides.
Une crème à base d’œufs doit être cuite jusqu’à épaississement, refroidie, puis fourrée seulement au dernier moment. Les pączki garnis de crème se gardent au réfrigérateur et ne doivent pas rester des heures sur un plat à température ambiante. Pour tous les autres fourrages, la règle est la même : une garniture épaisse, jamais fluide. Et si vous voulez voir où se placent les pączki parmi les autres classiques du pays, notre guide des 25 plats polonais traditionnels en dresse le tour d’horizon, des soupes aux desserts.
Un dernier mot sur la quantité : une garniture de rose bien dosée parfume le beignet sans le détremper. Mieux vaut une demi-cuillère à café de confiture ferme, bien enfermée, qu’une grosse cuillerée qui s’échappe. Si vous aimez les fourrages généreux, optez pour la méthode à la seringue après friture, qui permet d’en mettre davantage sans risque.
La friture à 180 °C
C’est l’étape qui demande de l’attention. Versez le gras dans une grande casserole à fond épais, en la remplissant à moitié au maximum, et chauffez-le à 180 °C. Sans thermomètre, jetez un petit morceau de pâte : il doit dorer immédiatement, sans noircir. S’il reste pâle et coule au fond, le gras est trop froid ; s’il brunit en quelques secondes, il est trop chaud.
Faites frire quelques pączki à la fois, à feu moyen, sans surcharger la casserole : trop de pièces abaissent la température du gras et donnent des beignets lourds. Comptez 1 min 30 à 2 minutes par face, jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés. Retournez-les délicatement avec une écumoire. Égouttez-les sur du papier absorbant.
Un pączek bien frit montre, autour de son milieu, un anneau clair entre le dessus et le dessous dorés : c’est le signe que le gras était frais et à la bonne température. Si cet anneau manque, le beignet a probablement baigné dans un gras trop froid ou trop vieux.
Sécurité. Ne laissez jamais la friture sans surveillance, ne versez jamais d’eau dans le gras chaud et gardez un couvercle à portée de main pour étouffer un départ de feu. Mettez les pączki dans le gras avec l’écumoire, à bout de bras, sans les jeter. Un gras qui fume est trop chaud : retirez la casserole du feu et laissez-la redescendre.
Le glaçage et la finition
Pour le glaçage, délayez 125 g de sucre glace avec 2 cuillères à soupe d’eau chaude et 2 cuillères à café de jus de citron, en ajustant la consistance : il doit napper la cuillère sans couler. Nappez les pączki tièdes, ce qui permet au glaçage de prendre en fine pellicule brillante, et décorez d’écorces d’orange confites.
Le sucre glace en saupoudrage convient aussi, mais il faut alors attendre que les pączki soient froids, sans quoi le sucre fond et disparaît. Un glaçage au chocolat est une autre variante. Quelle que soit votre finition, servez-les tièdes : c’est à ce moment que la pâte est la plus aérienne.
Erreurs fréquentes
Quelques pièges reviennent à chaque première friture.
Un gras trop froid. Les pączki l’absorbent, deviennent gras et lourds, et l’anneau clair n’apparaît pas. Vérifiez la température avant chaque fournée.
Un gras trop chaud. L’extérieur brunit vite, l’intérieur reste cru. Si les premiers beignets sont sombres, baissez le feu.
Une pâte trop sèche. Trop de farine ajoutée au pétrissage donne des beignets durs. Huilez-vous les mains plutôt que de fariner la pâte.
Une soudure mal fermée. La confiture s’échappe dans le gras. Pincez bien, et posez-les dans le gras côté soudure vers le bas.
Surcharger la casserole. Le gras refroidit, les pączki collent entre eux.
Sauter la seconde levée. Sans ce repos, la mie reste dense et serrée.
Préparer à l’avance et conserver
Les pączki sont meilleurs frais, mais on peut organiser son temps.
- La veille. Vous pouvez préparer la pâte, la laisser lever, puis la mettre au frais couverte. Sortez-la tôt le lendemain pour la laisser revenir à température ambiante avant de façonner.
- Le jour même. Servez-les tièdes, dans l’heure qui suit la friture et le glaçage : c’est leur meilleur moment.
- Le lendemain. Rangés dans une boîte fermée, ils restent bons. Ceux qui contiennent de la crème doivent aller au réfrigérateur.
- Au congélateur. Il est possible de congeler les beignets frits avant de les fourrer. Décongelez-les puis fourrez-les à la seringue au moment de servir.
- Au four. Réchauffer quelques minutes à four doux ravive la croûte, sans la dessécher.

D’où viennent les pączki ?
Les pączki se font en Pologne depuis le Moyen Âge. Au XVIIIe siècle, sous le roi Auguste III, la pâte serait devenue plus légère et plus spongieuse : des cuisiniers français auraient changé la recette. C’est une version rapportée par les sources et non une certitude, mais elle dit bien la manière dont la cuisine polonaise s’est enrichie d’influences voisines.
À l’étranger, on les associe plutôt au mardi gras. Aux États-Unis, notamment dans le Michigan et l’Illinois, le « Pączki Day » se célèbre avec des pączki. En Pologne, le jour de fête reste le jeudi, quelques jours avant le mardi gras. Pour retrouver ce goût de pâte levée et d’hiver dans une autre fête polonaise, notre recette de makowiec, le roulé au pavot de Noël, partage avec les pączki la pâte briochée et l’esprit de la table de fête.
Questions pratiques avant de se lancer
Peut-on utiliser de la levure sèche ? Oui : un sachet de 14 g remplace les 50 g de levure fraîche. Comptez alors une première levée plus longue, de 1 à 2 heures.
Faut-il vraiment de l’alcool ? Non, mais il fait partie de la tradition de nombreuses recettes, et certaines le remplacent par du vinaigre pour limiter l’absorption de gras. Sans alcool, la recette fonctionne, mais surveillez la température du gras.
Quel gras choisir ? Le saindoux est utilisé dans de nombreuses recettes. Une huile neutre est plus simple à trouver et donne un goût moins marqué. Dans les deux cas, la température compte plus que le choix du gras.
Quel format choisir ? Des pièces de 40 g de pâte donnent des pączki de la taille d’un petit pain rond. Plus gros, ils risquent de rester crus au centre.
Peut-on les préparer pour un groupe ? Absolument : la recette se double sans difficulté, à condition de frire en plusieurs fournées et de garder les premières au chaud.
Les pączki sont un plaisir simple, qui se mérite : un peu de patience pour la pâte, de l’attention pour la friture, et un jeudi de février pour les partager. Notez la date, jeudi 4 février 2027, et prévoyez-en assez : la croyance polonaise est formelle sur le danger d’en manger trop peu.
